Les ours polaires : où et comment les observer ?

Les ours polaires : où et comment les observer ?

Pour avoir la chance d’observer cet animal mythique, il faut rejoindre les contrées les plus septentrionales du globe, se hisser jusqu’aux pôles et affronter la rigueur du climat arctique. Il faut s’armer de patience et d’humilité. Mais quelle récompense, lorsqu’au détour d’un iceberg, la chance se présente de croiser la route de l’ours blanc !

Où voir les ours polaires ?

Répartition de la population d'ours polaires
Les ours polaires évoluent exclusivement sur la banquise dans les eaux glacées bordées par l’Océan Arctique. Les populations sont installées sur les côtes circumpolaires, depuis l’Alaska jusqu’au nord de la Sibérie. Intéressons-nous à quelques unes des régions de prédilection de ce roi de la banquise, là où les colonies sont les plus importantes, en remontant toujours plus haut vers le pôle Nord.

Sur les terres Inuit du Canada

Selon les derniers chiffres avancés par le gouvernement canadien, le territoire abriterait plus de 60% de la population mondiale d’ours polaires. Ce grand mammifère joue un rôle central au sein du patrimoine faunique du pays qui a même créé un parc à son nom en 1996 : le Parc national de Wapusk, dont la traduction signifie ours blanc en cri, langue algonquienne. Mais c’est au nord de ce parc, autour de la petite ville de Churchill que l’on peut assister à un flux migratoire unique. Chaque automne, des centaines d’ours blanc se massent au nord de la province de Manitoba, en Baie d’Hudson. Ils quittent alors la douceur de la toundra canadienne pour migrer vers le grand nord, en territoire Nunavut et sur l’Île de Baffin, la où les Inuits les appellent Nanuk. Les nouvelles glaces de la banquise en formation leur offrent une voie royale vers les cimes arctiques, terre de prédilection pour la chasse aux phoques. 

Sur la plus grande île du monde, au Groenland

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L’ours polaire est étroitement lié à l’histoire du Danemark qui l’a choisi comme emblème pour les armoiries de la gigantesque île du Groenland. Le roi Frédéric III l’avait déjà inclus comme symbole dans les armoiries danoises au XVIIème siècle. La version récente que nous en connaissons a été conçue par l’artiste Jen Rosing et a été adoptée le 1er mai 1989. Introduction historique faite, on comprend mieux le lien étroit que l’île entretient avec ce souverain des neiges et des glaces. Les glaciers gigantesques qui s’écoulent de la calotte polaire groenlandaise vêlent un nombre impressionnant d’icebergs géants qui sont une véritable aubaine pour les ours polaires. Même s’ils restent très difficiles à observer, c’est dans la Baie de Dove, au nord-est de l’île, que l’on peut avoir la chance de les apercevoir au milieu des glaces sculpturales caractéristiques de cette partie de l’île.

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Sur les îles du Svalbard, en Norvège 

Poursuivons notre progression vers les latitudes nordiques entre Océan Arctique et Mer des Barents. Car c’est sans doute ici dans l’archipel norvégien du Svalbard que notre animal est le plus aisément observable. Couverte de glaciers à plus de 60%, la plus grande île de l’archipel, le Spitzberg, concentre sur son territoire toute la diversité, la richesse et la variété du monde arctique. Entre toundra abondante, lagunes glacières et glaciers vertigineux, elle présente un terrain de jeu idéal pour l’ours blanc que l’on peut notamment admirer au nord, dans la Baie de la Madeleine (Magdalenefjorden) et dans les régions situées à l’est. Au-delà de 80° de latitude nord, il n’est pas rare d’admirer le rodeur blanc sur les Sept-Îles, sur les glaces de l’Île Charles XII ou vers la Terre du Nord-Est avec ses calottes glaciaires colossales qui forment le plus grand front de glace de l’hémisphère nord. 


Sur l’archipel des glaces, en Terre François-Joseph

Dernière étape de notre ascension à la recherche de l’ours polaire arctique, la Terre François-Joseph appartenant à la Russie, au nord-est du Svalbard. Déclaré sanctuaire naturel en 1994, cet archipel composé de 191 îles est intégré au parc national de l’Arctique russe à sa création en 2009. C’est le plus grand parc national de Russie. Encore totalement inhabitée, cette terre au climat plus rigoureux qu’au Spitzberg a également été plus préservée des assauts des explorateurs et des chasseurs. Elle est constituée de vastes calottes polaires donnant naissance à de nombreux icebergs tabulaires sur lesquels les ours évoluent librement.

 

Comment vivent les ours polaires ?

C’est le plus grand ursidé de la planète. Son nom scientifique ursus maritimus (ours marin) traduit à quel point la vie de ce mammifère semi-aquatique est entièrement conditionnée par son rapport à l’océan et à la banquise. Il apprécie les territoires qui mixent banquises, eaux libres et terres fermes.

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Le plus carnivore des ursidés

En plus d’être le plus grand, c’est aussi le plus carnivore de son espèce. A la différence de ses cousins bruns ou noirs, majoritairement végétariens, son régime alimentaire est principalement composé des phoques qui partagent la banquise avec lui. Il se délecte de la chair des phoques annelés (phoca hispida) et des phoques barbus (erignathus babatus). 

Un chasseur impitoyable

Excellent nageur, l’eau lui permet d’accéder à ses proies en toute discrétion et avec rapidité. Cette aptitude hors-norme lui vient de sa morphologie unique, de sa fourrure imperméable, de ses pattes partiellement palmées et de son épaisse couche de graisse. Et lorsque les pinnipèdes dont il raffole se cachent sous la banquise, il déploie des trésors de discrétion et de patience. Posté près d’un trou de respiration, il attend que l’un d’eux remonte à la surface pour bondir. Il évolue avec la même agilité sur et sous cette glace de mer qui représente bien plus qu’une zone de déplacement ou une aire de chasse. 

La reproduction

En effet, la banquise est aussi le lieu des accouplements et là où les femelles élèvent leurs petits. Elles mettent bas tous les 3 ans, durant la période d’hivernation, à l’intérieur de la tanière. Après 3 ou 4 mois, les oursons commencent leur apprentissage au cœur du grand royaume blanc. Mais en dehors de ces périodes de reproduction, l’ours blanc reste un animal solitaire.

Hibernation ou hivernation ?

Contrairement aux idées reçues, on ne parle pas d’hibernation mais plutôt d'hivernation pour l’ours polaire. Durant la période hivernale, il entame une période de repos et se met au ralentit. A l’abri au fond de sa tanière, il vit replié sur lui-même pour limiter la perte de chaleur, diminuer son rythme respiratoire et cardiaque. Il reste cependant aux aguets et peut sortir s’il se sent menacé ou tout simplement s’il a envie de profiter de quelques rayons de soleil. C’est durant cette période que les femelles mettent bas, s’occupent des petits en les léchant, les allaitant, et en les protégeant du froid intense. Les mâles quant à eux peuvent ne pas hiverner durant l’hiver car c’est la période de l’année où les phoques sont les plus nombreux et que la chasse est la plus fructueuse. Ils creuseront alors une tanière d’été pour se reposer à l’heure de la fonte des glaces, lorsque la nourriture est moins abondante et vivront sur leurs réserves.

Pourquoi les ours polaires sont-ils en danger ?

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L’ensemble du territoire de vie de l’ours blanc est très vaste et les dangers qui pèsent sur sa survie augmentent : la progression des zones d’habitat de l’homme sur leur territoire, la chasse illégale et la vente des peaux, malheureusement encore trop répandue. Mais les dangers les plus inquiétants sont d’ordre climatique : la pollution toxique des eaux qui l’entourent et la contamination chimique des proies qu’il consomme ; sans oublier les conséquences du réchauffement planétaire et de la fonte des glaciers qui réduisent considérablement son habitat principal, la banquise. La population mondiale est estimée à 20 ou 25 000 et l’ours polaire figure depuis 2008 au tableau des espèces vulnérables (VU) de l’IUCN. Il est primordial aujourd’hui d’approcher cette nature fragile et altérable avec respect, responsabilité et bienveillance.

Publié le vendredi 14 décembre 2018 à 14:37

À propos de l'auteur

juliette Juliette Mage : Journaliste voyage