Magellan : sur les traces du navigateur et explorateur

Avant que Magellan atteigne le Pacifique le 28 novembre 1519 puis ne lègue son nom à l'histoire, les épreuves furent nombreuses. Retour sur cette incroyable épopée

Magellan : sur les traces du navigateur et explorateur
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La traversée  de l’isthme de Panama ayant définitivement prouvé  aux Espagnols que l’Amérique n’est pas l’Asie, le problème change de nature : il s’agit maintenant  de passer d’un océan à l’autre, trouver l’ouverture, soit par le nord, soit par le sud, à la poursuite d’un problématique passage pour rejoindre les Indes et leurs fabuleux trésors. Espagnols et Portugais, éternels concurrents dans cette course aux épices, tentent la route du Sud,  parviennent jusqu’à l’estuaire où le rio Parana et le rio del Plata se rejoignent – site qui deviendra Buenos Aires. On crie déjà victoire. Hélas il faut se rendre à l’évidence, deux grands fleuves qui se rejoignent ne forment pas un passage.

Après Colomb, l’histoire vas se répéter : un dénommé Magellan, petit aristocrate portugais sans fortune, prétentieux, laid et boiteux, indiscipliné, en soif d’aventures, est avide de connaître ces pays fabuleux dont on lui parle sans cesse. Soldat auprès du roi Manuel au Maroc, il a aussi fait ses preuves comme navigateur, a franchi le cap de Bonne Espérance, atteint même Malacca. De là son grand ami Serraò lui a décrit les Moluques où il s’est installé, les iles de la girofle, le sanctuaire des épices tant recherchées. Le petit homme brutal, au caractère d’acier, est persuadé qu’en passant par l’ouest il sera plus aisé d’atteindre ces terres d’Asie qui regorgent de richesses. Puisqu’il existe une pointe sud de l’Afrique,  une pointe sud de l’Amérique doit bien exister aussi. Il suffit de suivre la côte.

 

 

Il parvient à forcer la porte du roi du Portugal Manuel, celui-ci ne croit pas au projet du capitaine, et puis est fatigué des dépenses inouïes qu’on lui propose sans cesse pour découvrir des mondes nouveaux. Il l’éconduit brutalement. Magellan a beaucoup travaillé le problème des  longitudes, le cauchemar de Colomb, il a enquêté, rassemblé toutes la cartes existantes de la côte américaine, il refuse d’en rester là.

En 1517 il est à Séville, devient le gendre de l’alcade Barbosa ; fort de  cet appui, Magellan fait le siège de Charles Quint et de ses conseillers. On vante au futur empereur  une conquête des épices beaucoup moins coûteuse que la longue route d’Afrique. L’argument fait mouche, d’autant qu’un grand commerçant s’avèrent prêts à suivre. Et à financer l’expédition. Le 10 août 1519, avec cinq nefs, le petit homme prend le large. Le roi Manuel, apprenant la nouvelle, ricane : l’Espagne s’est débarrassée de cinq de ses navires en très mauvais état. Mais Magellan a réparé, équipé, sélectionné aussi des marins qui viennent de tous les pays d’Europe. Le 13 décembre, il est à Rio de Janeiro, puis atteint le 49 parallèles et rencontre les premiers Patagons, qu’il décrit impressionnants, immenses, aux femmes faciles. Il longe cette Patagonie qui n’en finit plus, l’été austral va prendre fin, le froid devient redoutable, il décide en mars d’hiberner à Puerto san Julian. Les ennuis commencent.  Un de ses bateaux se fracasse sur les rochers, puis le capitaine se heurte, ce qui est fréquent dans ce type d’expédition, à la mutinerie de ses lieutenants, qu’il fait exécuter sans pitié.

Le détroit de Magellan

En août il atteint le 52e parallèle et  trouve enfin un passage entre des terres enneigées. Il en est persuadé, il a trouvé la route,  impossible qu’il s’agisse de l’embouchure d’un fleuve, l’eau y est salée ! Il lui faut alors emprunter un chenal étroit.  Gomez, capitaine du vaisseau San Antonio, un ennemi personnel que le Capitaine a eu bien tort de prendre avec lui croyant qu’il materait ce grand navigateur,  en profite pour faire sécession et retourner à Séville. Magellan avec les trois bateaux qui lui restent, avance, la Terre de Feu à babord, mais la route est longue, très longue, 611 km !

La traversée du détroit est périlleuse, les pilotes doivent sonder en permanence cette mer inconnue pour déceler les fonds rocheux. Magellan, sûr de son fait,  vérifie sur ses cartes qu’il navigue bien vers l’ouest et le 28 novembre il atteint le Pacifique ! Lui, en général si prudent, n’a qu’une faible idée de l’immensité de cet océan. Pendant plus de 3 mois, les marins vont se nourrir de vieux biscuits pleins de vers, de sciures de bois, de cuirs qui équipent les voilent que l’on fait ramollir. Le scorbut se déclare, mais au total on ne compte que 9 morts, grâce, croit-on au céleri sauvage ramassé sur les parois du détroit. Le 6 mai 1521, enfin, ils débarquent à Guam, île qui sera si chère aux Américains.

Le 16 mars ils atteignent les Philippines. L’esclave malais Henrique embarqué avec Magellan, s’avise, stupéfait, dans une ile près de Mindanao, qu’il comprend parfaitement le langage du roi local. Parti vers l’ouest, Henrique, acheté par le Capitaine général sur le marché de Malacca, est certain d’être proche de chez lui, prenant conscience d’être le premier homme à effectuer le tour du monde ! Pour Magellan, la route est finie : comme ses compatriotes, obsédés de la vraie croix, il se croit investi d’une mission évangélisatrice. Contre une vague promesse du roi local Calambu de se convertir, il s’en va combattre  ses ennemis hypothétiques et sera tué dans des escarmouches sans gloire avec les indigènes. Un seul vaisseau parviendra en Espagne. Jamais plus le soleil ne se couchera sur l’empire de Charles Quint.

Plus tard, en plein cœur du détroit, sera édifiée la ville de Punta Arenas, grand port où se ravitaillent les bateaux qui franchissent le détroit et de plus en plus souvent  ceux qui préfèrent pour atteindre le Pacifique, adopter plus au sud le cap Horn. La ville a perdu avec l’ouverture du canal de Panama, une grande part de son attractivité ; mais le port écoule toujours  des ovins et leur laine venant de Patagonie.

Le Cap Horn

On confond souvent Cap Horn et détroit de Magellan. La traversée du  détroit s’avère longue, même s’il est bien abrité au milieu de quantités de canaux.

Le Cap Horn situé sur le 56 e degré, ne sera atteint qu’en 1616 par le navigateur hollandais Willem Schouten et le marchand Jacob le Maire , et sera baptisé ainsi en l’honneur de la ville de Hoorn dont ils sont originaires. On le croit à la pointe ultime de l’Amérique. En fait, le titre appartient aux iles Diego Ramirez, situées plus au sud à 120  km environ. Le Cap Horn est une falaise de 425 m de haut sur une ile de 6km de long et de 2 km de large. Sa terrible réputation provient des courants très forts qui le traversent et des tempêtes qui peuvent bloquer la navigation pendant plusieurs jours. Des vagues gigantesques entourent alors les marins, les obligeant à rebrousser chemin, d’autant que, fait exceptionnel, ces vagues empruntent souvent le sens inverse du courant qui repousse les navires. L’autre danger provient des icebergs qui rodent jusqu’au 50e parallèle…. Sa réputation devient universelle quand les organisateurs de grandes courses  décident d’emprunter cette voie pour réaliser le tour du monde. Les marins qui «  doublent le cap Horn » empruntent en fait le passage de Drake au sud de l’ile Horn que Drake lui même n’a jamais emprunté. En septembre 1578, voulant franchir le détroit de Magellan, il se heurte à une tempête, dérive plus au sud, dépasse la Terre de feu, constate qu’elle n’est pas un continent mais bien une ile, s’en va jusqu’aux iles Diego Ramirez, suggère qu’il existe un nouveau passage, puis s’en retourne vers le détroit de Magellan, laissant à l’ouest le cap Horn qui pouvait le mener beaucoup plus vite vers le Pacifique..

La terre de Feu

L’archipel de la Terre de feu, divisée ente l’Argentine et le Chili, est séparé de la Patagonie par le détroit de Magellan. Au sud, le passage de Drake sépare les Iles du continent Antarctique.  Trois tribus indiennes y étaient installées depuis 12 000 ans dont les pêcheurs nomades alakalufs qui, pour se repérer sur les canaux, allumaient des feux aux endroits stratégiques. D’où l’appellation choisie par Magellan. Le territoire, revendiqué par l’Espagne, où un envoyé du roi Philippe II Pedro Sarmentio tenta en 1586 d’y implanter des  premières colonies, devient vraiment accessible au XIXe siècle aux immigrants, pêcheurs, éleveurs, chercheurs d’or. Et l’inévitable se produit : massacre des indigènes, transmission de maladies… aujourd’hui la ville principale, Ushuaïa, au sud de la Grande Île de Terre de Feu, est considérée avec ses 56 000 habitants comme la ville la plus australe du monde. Elle bénéfice d’un climat similaire à celui de Reykjavik en Islande, les températures y restant autour de 0 degrés quelque soit la période de l’année. Des voiliers et des navires permettent de se rendre dans le canal de Beagle pour y contempler les manchots, lions de mer et autres cormorans.

Publié le jeudi 6 septembre 2018 09:23

À propos de l'auteur

Fred Santos Fred Santos : Journaliste, Fred vous informe sur l'actualité du monde des croisières.
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